il n’y a nul village nulle cime dont mes yeux n’aient déjà baisé la courbe
foisonnante et vivace
à l’aube de tes cils
cette vie amère et belle
fleur koumarou et rougeur balourou
me brûle les yeux.
… la plaine des savanes déroulée entre toi et moi… là où parle la langue des ibis des pripris et des palétuviers…
Sous l’arbre du voyageur
toi qui viens et qui repartiras
tu traces un chemin
qui part en tous sens
vers l’est et vers l’ouest
à la fois
vers le passé – l’avenir –
entre le début et la fin de la nuit
… enfin la paix sous les trillions d’étoiles… perdue au milieu du vacarme humain… voix de l’Amazonie dans la partition nocturne des dendrobates des cigales…
C’est fini.
Ne plus marcher sur la terre
qui se macule à chacun de mes pas
et malgré cela
à mon fils je dis le goût de l’eau
le chant de l’air
Sur cette plainte de la forêt le soir
nous écoutons
sa main à qui je montre les planètes
les chemins pavés d’étoiles
les océans immenses sur la mappemonde
la trace dessinée sur le sable
des lettres et de la musique
la poésie
la joie
… pleine lune chargée d’écouter mes vers sous les grenouilles de février… apprends à chanter mieux que moi et mes métamorphoses… pour les oreilles tendues qui écoutent…
J’essaie de croire avec lui que le monde n’a pas tant changé